Pesticides : la mise en garde de 1200 médecins

L’utilisation massive de pesticides par les agriculteurs, encouragée par les semenciers, est dorénavant clairement identifiée comme la cause de graves atteintes à la santé des personnes, à commencer par les agriculteurs eux mêmes et les populations exposées aux zones d’épandage.

Mais reste sous estimée par les pouvoirs publics, la corrélation de plus en plus certaines entre certains cancers, et l’ingestion de fruits et légumes “traités” par la population non directement exposée à l’épandage.

Un médecin généraliste de Limoges,  le Dr Pierre-Michel PERINAUD, lance  un appel à signature d’un “manifeste” en vue de cesser l’utilisation de pesticides.

1.200 médecins de France métropolitaine et des Antilles ont suivi, et signé  l’appel mettant en garde contre la dangerosité des pesticides.

Le docteur PERINAUD explique qu’il faut “prendre ses responsabilités” et notamment pour les populations les plus exposées au risque comme  les femmes enceintes et les enfants”.

L’appel  été lancé sur internet en septembre.

Il a été relayé par les médecins des Antilles françaises,  suite aux dommages corporels liés à l’utilisation massive du CHLORDECONE entre 1973 et 1993 avant d’être interdit.

Ce produit  a contaminé les sols et rivières et est toujours présent. La littérature scientifique est formelle : l’utilisation et/ou l’ingestion de ce type de produit créé un risque  de maladie de Parkinson, de cancers de la prostate et de certains cancers du sang.

L’appel invite a mettre fin aux dérogations qui permettent l’épandage aérien de pesticides, qui contamine nécessairement toute la population environnante.

L’appel invite également l’Etat à reconnaître de nouvelles maladies professionnelles agricoles liées aux pesticides, à mieux étiqueter les produits destinés à l’alimentation.

L’appel insiste sur le point qui nous paraît essentiel : confier dorénavant à des laboratoires indépendants la réalisation des tests nécessaires pour l’autorisation de mise sur le marché.

Il réclame enfin une meilleure prise en compte des perturbateurs endocriniens au niveau européen.

Le Parlement français a déjà répondu la semaine dernière à l’une de leurs autres revendications en interdisant les pesticides hors usage agricole, mais pas avant 2020.

L’initiative du Docteur PERINAUD vise à crédibiliser la parole de ses patients, déclare t-il (Le Monde, Samedi 1er Février 2014)

L’INSERM a publié de son côté une étude collective sur les effets sanitaires des pesticides.

Le Ministre de l’Ecologie Philippe MARTIN a rappelé que le projet de loi adopté prévoit l’interdiction des pesticides de synthèse dès 2020….. dans les espaces verts publics, et dès 2022 dans les jardins et les potagers des particuliers…. Rien de prévu pour l’agriculture, sinon une réforme des procédures d’homologation des produits phytosanitaires.

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